Impressions maltaises

08/03/2018 : à l’aéroport, juste avant le départ

Début de cette aventure. Il y a toujours cette ambiance particulière à l’aéroport. Toutes les émotions se mélangent : la joie, l’excitation, la tristesse, la peur. Toutes ses particules invisibles s’entrechoquent dans l’air. Il y a ceux qui voyagent seuls, comme moi, les couples voyageurs : le premier voyage en amoureux, le couple de retraités, les troupeaux scolaires. Il y a ceux qui patientent le regard dans le vide, perdus dans leurs pensées, déjà ailleurs. Ceux qui ne tiennent pas en place et arpentent l’aéroport en long, en large, en travers ; les acheteurs compulsifs qui butinent de magasins en magasins ; les lecteurs de magazines, de livres ; les mangeurs, ils patientent autour d’un plat ou d’un café. Et, de plus en plus nombreux : les zombies accrochés à leur écran, ordi, tablette, téléphone.

09/03/18 : en haut de Comino

Sur les hauteurs de Comino
Sur les hauteurs de Comino

Je ne serai jamais seule. Tant que j’aurai un cahier et un stylo, je ne serai jamais seule.

10/03/18 : à Naar, un restaurant à St Julian’s

Jolie vue. Épuisée après cette journée. Pas beaucoup dormi hier, beaucoup marché aujourd’hui:

Non loin de Golden Bay
Non loin de Golden Bay

Fatiguée. J’ai faim !

Avec les gens de l’auberge de jeunesse (St Julian’s) :

Écoute de musiques bizarres et contemporaines dans la cuisine de l’auberge de jeunesse. Je me rends compte que c’est facile de rencontrer des gens, de ne pas être seule si je n’en ai pas envie.

12/03/18 : Gozo, arrivée à Marsalform

J’ai pris le bus pour Marsalforn depuis Victoria. La nuit tombait, j’ai eu peur de me perdre, de ne pas trouver l’hôtel. Un homme dans le bus m’a aidé, indiqué l’arrêt et la rue. J’étais un peu suspicieuse et pas très rassurée mais il était sympa, sincère. Marcher dans une petite ruelle sombre, la nuit, ce n’était pas très rassurant. Finalement j’ai trouvé l’hôtel sans problème, accueillie par Maria, une dame qui parle très bien français. Charmante auberge, on dirait une grande maison.

Plus tard :

 Un allemand m’a demandé s’il voulait qu’il m’accompagne aujourd’hui, j’ai dit non. Je veux être un peu seule et marcher. Hier beaucoup de blablabla, c’était chouette, mais j’ai besoin d’un peu de calme et d’être seule avec la nature.

Wied il-Għasri :

Wield dil-Għasri
Wield dil-Għasri

Non mais là, c’est juste trop beau ! Les falaises des deux côtés et l’eau transparente partout. Impression d’être seule au monde. Les vagues fracassent les rochers, nul horizon au loin. Le regard se cogne aux falaises. C’est peut être le bout du monde. Un coin de paradis qui joue à cache-cache.

Depuis toute petite je rêve d’aventures, je prenais la tête d’expédition avec mes cousins, j’explorais. Aujourd’hui, assise sur ce rocher, j’ai le sentiment d’être une grande enfant. Le terrain de jeu s’est agrandi. Comme lorsque j’étais enfant, parfois ça fait peur. Peur de se faire mal, peur de se perdre, peur de se faire agresser. Mais il y a toujours cette force intrépide.

Personne ne me regarde. Je fais ça pour moi. Alors oui, peut-être que je prendrais plaisir à le raconter, mais c’est un plaisir minuscule face à celui que je ressens maintenant.

Quelqu’un vient d’arriver.

13/03/18 : En route vers les ruines de l’Azure Window

Fake azure window
Fake azure window

En chemin j’étais remplie d’un immense sentiment de liberté et de gratitude. Pouvoir marcher comme ça où je veux, m’arrêter quand je veux, c’est juste tellement parfait. J’ai l’impression d’habiter le présent plus pleinement ici et face à ce type de vie. Je cours partout, affamée de tout voir parce que je ne reste qu’une semaine. Une semaine c’est court et long. Il n’y a pas de temps mort : je fais tellement de choses en une journée !

Poupées russes :

Marsalforn
Marsalforn

Ce voyage ressemble à des poupées russes. Je suis à Gozo. En retournant sur l’île principale, à St Julian’s, je raconterai ce qui m’est arrivé ici à mes potos de l’auberge de jeunesse. De retour à Toulouse, je raconterai Malte et Gozo. De retour à la Réunion, je raconterai Toulouse, Malte et Gozo.

***

Prendre de la distance, géographiquement et émotionnellement. Tout ce qui me semblait insurmontable à Toulouse me paraît dérisoire, insignifiant, risible, vue d’ici. Je songe à l’impermanence. Rien n’est figé et immuable. La vie est mouvement. J’ai envie de vivre pleinement chaque parcelle de présent, de ressentir la moindre particule du monde vibrer en résonance avec moi et inversement.

14/03/18

Dernière journée un peu chaotique. Essai d’aller à Mdina ce matin : échec ! Trop envie de pisser. En chemin arrêt à Mader Dei pour les toilettes. Ensuite le bus ne s’est pas arrêté, donc retour à St Julian’s. Je crois que cet après midi je vais juste me reposer. Pas envie de courir partout. Pour ne pas être trop fatiguée ce soir.

Donc, assise au Wagamama, un restaurant émotionnellement important. Premier endroit où on a mangé en arrivant en Angleterre. Il y a tellement longtemps…

15/03/18 : à l’aéroport, avant le départ

06h33, à l’aéroport de Malte, sans avoir dormi. Je m’attendais à autre chose. Je voulais faire la fête jusqu’à pas d’heures. Finalement… mouais, pas beaucoup de gens motivés. Déçue.

Mais un message m’a rappelé l’essentiel. L’écriture.

Toujours.

Laisser un commentaire

Résonances © 2018 | Remerciement: FILAUMART Sébastien by OMARSOFT.FR.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :