Une matinée avec Carmino

Malte, Gozo, le 13 mars 2018

Je le vois de loin le bonhomme, son ventre en éclaireur. Il se balade sur la plage de Ramla Bay à la recherche de quelqu’un avec qui taper la discut’. Il essaie d’abord avec ce couple de touriste qui s’amuse à lancer un frisbee à leur chien, mais lui et sa bedaine se font gentiment ignorer.

Ramla Bay, Malte
Ramla Bay, Malte

Pas étonnant qu’il hésite en passant près de moi.

Je lui sourie, il s’approche :

Hi, where are you from ? / Salut, tu viens d’où ?

France. And you ? Are you from Malta ? / France. Et toi ? Tu es de Malte ?

Yes. / Oui

What’s your name ? / Comment tu t’appelles ?

Charly. It’s my English name. / Charly. C’est mon prénom anglais.

Why ? What’s you real name ? / Pourquoi ? C’est quoi ton vrai prénom ?

Carmino. But Charly it’s easier. / Carmino. Mais Charly c’est plus simple.

Carmino alias Charly, Malte, Gozo

Il me propose de venir visiter sa ferme, à trois minutes en voiture. Mhh, est-ce que c’est bien prudent de suivre un type que je viens à peine de rencontrer ? Et s’il errait sur la plage à la recherche d’une victime à dépecer ? Je serai parfaite dans le rôle. D’un autre côté, si je n’y vais pas, que le type est juste hyper sympa, je risque de passer à côté de quelque chose.

Et merde, je prends le risque (en gardant un semi-plan de secours en cas danger : courir ou taper très fort au-dessous de sa bedaine).

Trois minutes plus tard, j’ai un agneau dans les bras et je suis entourée des chèvres de Carmino.

Bienvenu(es) à la ferme :

Les chèvres de Carmino

Et dire que j’aurai pu passer à côté de ça ! Passer à côté aussi de tous les fruits de son jardin, de tous les animaux dans sa cour, des coupes qui s’entassent sur les étagères de sa minuscule maison. Il me parle des concours de pigeons voyageurs qu’il a remporté – la plus longue allant de Rome à Gozo, des meilleurs spécimens qui ne sont jamais revenus, de sa décision d’arrêter les courses. Ça fait un an maintenant, et s’il ne regrette pas d’avoir arrêté, il reconnaît s’ennuyer. C’est sans doute pour ça qu’il erre sur la plage en quête d’étrangers avec qui partager ses trésors.

Après avoir rempli mon sac, Carmino insiste pour me faire visiter une grotte un peu plus haut.

Ramla Bay, Malte, Gozo
Grotte Ramla Bay, Malte, Gozo

Plus rien n’arrête Carmino, qui prend très à cœur sa mission de me faire visiter la région. On marche le long de falaise, coupe à travers champ. Le paysage est à couper le souffle.

Carmino, Malte, Gozo
Carmino, Malte, Gozo
Falaises, Malte, Gozo
Falaises, Malte, Gozo

 

 

 

 

 

 

Il insiste pour porter mon sac, me demande si je l’ai rempli de cailloux : est-ce qu’il se moque de moi ou quoi ? C’est bien lui qui l’a rempli ce sac, pas de cailloux, non, mais de tout ce que contient son jardin :

Cadeaux de Carmino
Cadeaux de Carmino

À la fin de la matinée, Carmino m’emmène boire de l’eau à même la source. Après une semaine à boire de l’eau en bouteille (non l’eau de Malte n’est pas potable), ça fait du bien.

Lorsqu’il me dépose à l’arrêt de bus, j’ose lui poser la question qui me brûle les lèvres depuis le début :

Why ? Why are you doing this ? / Pourquoi ? Pourquoi faire tout ça ?

So, when you’ll come back to Malta, you’ll come visit me again. You know where I live now. / Comme ça quand tu reviendras à Malte, tu reviendras me voir. Tu sais où j’habite maintenant.

Compte sur moi Carmino.


Sur le même thème :  Malte, ou comment j’ai surmonté ma peur de voyager seule ? 

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